Principes

1. Collaboration ouverte
Concevoir de façon interdisciplinaire, intégrer de multiples perspectives, avancer au-delà des spécialités, des réservoirs à excellence, et des piliers/pouvoirs en place.

2. Tout est (g)local
Résoudre les problèmes en contexte, avec les connaissances adéquates. Identifier les possibles et comprendre les besoins, combiner les savoir-faire explicites et implicites, gagner la confiance des communautés instaurant un respect mutuel.

3. Cadrer plutôt que s'étendre
Considérer les implications et les limites des grandes échelles, dessiner des marges suffisamment larges pour que l'échec d'une solution n'implique pas l'impossibilité d'une autre, résoudre pour le système en entier.

4. Les relations sont tout
Comprendre les relations existantes, cultiver les relations nécessaires, construire sur les interconnexions et les interdépendances, intégrer toutes les parties prenantes, exprimer respect et reconnaissance aux partenaires.

5. trouver le "trimtab"
Expression favorite de Buckminster Fuller. Le "trimtab" est un petit composant dans le mécanisme de guidage des navires et avions qui a un rôle majeur dans le contrôle du véhicule dans son ensemble. C'est un point de levier sur un système entier.

6. Rendre visible l'invisible
Visualiser les constantes et les interconnections cachées, rendre les hypothèses et suppositions explicites.

7. Etre intime avec le contexte
S'immerger dans l'environnement que l'on souhaite impacter, développer une symbiose saine, anticiper les futurs tendances et besoins, comprendre au travers du lieu et de sois même.

8. Résoudre pour des modèles constants / récurrents
Apprendre à percevoir globalement et à résoudre les problèmes systématiquement et non symptomatiquement, imiter certains principes naturels, flexibilité, redondance, décentralisation, équilibre, symétrie et harmonie du modèle.

9. Echouer avec panache
Concevoir pour de courtes rétroactions, mettre en oeuvre, analyser, répéter, s'assurer que les échecs ne nuisent pas au projet dans son ensemble.

10. Séduire, attirer mais ne pas forcer
Réformer les conditions sur le terrain, ne pas essayer de réformer les gens, utiliser l'effet précession, créer un nouveau modèle qui rend le premier obsolète.

11. Rester humble
On ne peut jamais tout savoir, et la raison n'est pas salvatrice, l'incertitude est omniprésente, comme l'est l'ignorance en ce qui concerne les ultimes conséquences de nos addictions, reconnaitre les limites de la connaissance.

12. Suivre son intuition
Ecouter ses instincts a du sens, se réconcilier avec le mystérieux.

Design & principes de Permaculture

Extraits du Manuel de transition de Rob Hopkins.

1. OBSERVER ET INTERAGIR
Peu d'entre nous possèdent un bon sens de l'observation. pourtant l'observation détaillée de notre situation déterminera toutes les actions que nous entreprendrons. Le monde de l'après pétrole dépendra de l'observation détaillée et d'une bonne conception plutôt que de solutions intensives en énergie.

2. CAPTER ET STOCKER L'ENERGIE
L'énergie circule dans nos écosystèmes et est emmagasinée de diverses façons dans l'eau, les plantes, les sols, les semences et autres.nous devons développer nos compétences pour mieux les utiliser et changer notre notion de "capital", depuis le capital que nous avons en banque vers celui qui réside dans les ressources qui nous entourent. Holmgreen affirme que les réserves de bois, comme on en voit en Europe de l'Est, sont de bien meilleurs indices de prospérité nationale que le PNB.

Le projet de Design développe des propositions qui, durant leur cycle de vie, sont économes voir génératrices d'énergie. Les solutions proposées tendent vers l'indépendance vis à vis des sources d'énergie centralisées.

3. OBTENIR UN RENDEMENT
Ce principe affirme que toutes nos interventions dans un système, tous les changements que nous effectuons et tous les éléments que nous introduisons doivent être productifs, qu'il s'agisse d'arbres féconds dans les lieux publics, de toits verts ou d'aménagements paysagers urbains "comestibles".

4. EMPLOYER L'AUTOREGULATION ET ACCEPTER LA RETROACTION
Un système conçu selon les principes de la permaculture devrait s'autoréguler et exiger un minimum d'intervention et d'entretien, tel un écosystème forestier où il n'est pas nécessaire d'enlever les "mauvaises herbes", d'éliminer les parasites ou de fertiliser les sols.

Le projet de Design s'inspire pour sa conception et ses protocoles des grands principes naturel. Il déploie les moyens les plus simples, les plus évidents, les plus intuitifs et se construit en valorisant chaque intervenant à chaque phase, de façon fluide. Une fois mis en place, il engendre des processus bénéfiques, évolutifs et durables.

5. UTILISER ET METTRE EN VALEUR LES RESSOURCES ET LES SERVICES RENOUVELABLES
Au lieux d'essayer de remplacer la nature, nous devons en profiter dès qu'elle peut assurer certaines taches, comme aérer les sols avec des vers, fixer l'azote avec du trèfle ou régénérer le sol avec des arbres morts. Laissons la alléger nos taches.

6. NE PRODUIRE AUCUN DECHET
Tout déchet révèle un vice de conception. Tout ce que produit un système peut servir de matière première à un autre. Apprenons à penser en termes de cycle plutôt qu'en termes de linéarité.

Le projet de design reste intègre tout au long de ses cycles de vie et au-delà. Il cherchera à potentialiser les initiatives d'économie circulaire.

7. ALLER DU GENERAL AU SPECIFIQUE
Il est important d'examiner nos entreprises sous diverses perspectives. Nous devons nous situer dans des contextes plus vastes comme les bassins versants, l'économie régionale et ainsi de suite, pour mieux saisir la toile sur laquelle nous peignons et les forces qui influencent nos actions.

Le projet de Design soulève des questionnements larges et fondamentaux avant d'identifier des champs d'actions plus précis. Le Designer, participe à la construction sociale et endosse des responsabilités. Il doit adopter une position et une éthique.

8. INTEGRER AU LIEU DE SEPARER
On a décrit la permaculture comme "la science de l'intensification des relations bénéfiques". Les relations que nous pourrons tisser entre les différents éléments d'un lieu seront vitales pour nos habitats dans un monde frugal en énergie. Les solutions se trouve du cotes de l'intégration holistique plutôt que dans une plus grande spécialisation compartimentée.

Le projet de Design est holistiquement pensé comme infime partie de systèmes complexes et changeants. Sa mise en oeuvre intensifie et valorise durablement les relations entre les protagonistes de sa conception, de sa realisation et de son utilisation. Il participe, alimente, montre, met en mouvement. Il intègre, regroupe, tisse.

9. UTILISER DES SOLUTIONS LENTES ET PETITES
Selon Holmgreen, "les systèmes devraient être conçu de façon à fournir des services à la plus petite échelle possible tout en assurant leur utilité et efficacité énergétique". Nos solutions seront fondées sur ce principe : elles seront d'autant plus résiliantes que nous diminuerons leur taille et les rendront intensives. Ce principe est fondamental.

Le projet de Design s'attache à résoudre très finement les choses avec un minimum d'énergie, de matière ou de signes. Les propositions sont réduites en échelle, les grandes problèmatiques sont traitées en sous-divisions dont on peut mesurer les rétroactions. L'art de la soustraction.

10. FAVORISER ET VALORISER LA DIVERSITE
Les monocultures sont incroyablement vulnérables aux maladies et aux parasites alors que les systèmes diversifiés sont intrinsèquement plus résiliants. Nos communautés seront bien plus en mesure de prospérer pendant la descente énergétique si elles disposent d'une grande variété de sources d'aliments, de petites entreprises, de monnaies, de sources d'énergie et autres, au lieu de demeurer dépendante de systèmes globaux qui équivalent à de la monoculture.

Le projet de Design doit articuler des problématiques complexes en produisant du visible, du lisible, du sens. Il s'attache a mettre en relation, valoriser et intégrer pertinemment, une grande variété d'acteurs. (Modes de productions, de distributions, d'usage, cycle de vie, etc…). Sa création tout comme son existence participe à un réseaux de savoir faire local le plus varié possible.

11. UTILISER LES BORDURES ET VALORISER LE MARGINAL
La permaculture attache beaucoup d'importance à l'observation des bordures, les zones où deux écosystèmes se rencontrent. Ces endroits sont souvent plus productifs que chacun des deux systèmes pris séparément. Ce principe nous rappelle la nécessité de superposer nos systèmes afin de maximiser leur potentiel.

Le projet de Design s'alimente de rencontres aux frontières d'autres domaines de création comme l'art, la science, la musique, (etc…). Il est nécessairement collaboratif et multi-disciplinaire.

12. S'ADAPTER AU CHANGEMENT ET L'UTILISER AVEC CREATIVITE
Les systèmes naturels sont en mouvement perpétuel, constamment en transformation et en évolution. Leur façon de réagir à des chocs comme des feux de forets peut nous apprendre beaucoup sur la manière de vivre la transition.Elle sera plus utile si nous observons les changements qui se produisent autour de nous et nous y adaptons sans rester attachés à l'idée que les choses sont figées et immuables.

Le projet de Design s'inscrit dans un contexte évolutif et doit intégrer : Une capacité d'adaptation au changement / Une capacité de bonification / Une proposition d'usage ouverte facilitant l'appropriation variable / Une prospective sensible des évolutions possibles / Une grande connaissance du contexte et de son histoire / Un accompagnement post conception avec ajustement / …